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Essai Alugator 680

lesboudins.com flotteur zodiac

 

Conditions de l'essai : jeudi 3 juillet 2008, à Perros-guirec, essais en mer et dans la baie.
Vent de force 3 à 4, houle de 2m et clapot de 50cm à 1m en dehors de la baie, et petit clapot de 30cm dans la baie.
2 personnes à bord, réservoir à la moitié, soit 100l de carburant. Moteur Mercury Verado 200cv avec commandes Smartcraft, et hélice Enertia.

UN POINT IMPORTANT
Le bateau essayé est le prototype, il est encore en phase d'évolution, et n'est pas à 100% terminé.
De plus, il s'agissait seulement de la 5 ème sortie du prototype,
le domaine de navigation n'est donc pas encore complètement exploré,
et le bateau demande encore un peu de prise en main de la part des démonstrateurs.

Le bateau:

Fabriqué en France, dans un chantier près de Vannes, a été conçu par un architecte brestois, sur un cahier des charges de la société Aquatic Import. Longueur 6m80, largeur 2m55, poids à vide 750kg, catégorie C pour 12 personnes, réservoir intégré dans la coque de 200 litres , puissance maximale 225cv, boudins en hypalon avec doubles glissières et 5 compartiments séparés, tous équipé de valves de surpression. Carène de type « Wave-Piercer » associé à un « V » de 24°. La coque et tous les aménagements sont en aluminium.

Rendez-vous avait été pris avec Alugator pour un essai en mer. Les conditions du jour se révèleront finalement très sympathiques pour évaluer correctement le bateau. Arrivée donc de l'Alugator sur une remorque Satellite double essieux avec une adaptation pour ce type de carène.
Ce qui frappe au premier abord est la finesse du bateau, cette étrave droite qui donne finalement une longueur mouillée très importante. En effet la longueur mouillée est quasiment égale à la longueur hors tout. On a donc une longueur réelle de carène équivalente à un bateau de plus grande taille, et l'Alugator fait déjà 6m80. Ensuite on remarque la forme générale de la quille en « banane » qui fait qu'à l'arrêt au port, l'angle inférieur de l'étrave est environ à 10cm au dessus de la surface de l'eau.

La qualité des finitions est exemplaire, les soudures sont nettes, et souvent même invisibles. On remarque quelques points de soudure sur la coque (liaison coque renforts internes) mais cette impression est certainement renforcée par la qualité de la peinture et sont aspect très brillant. Nul doute qu'avec un antifouling ou une peinture de couleur différente, cela ne se remarquerait pas.

La carène présente un redan dans la partie haute, le boudin avance en avant de l'étrave afin de briser toute gerbe d'eau éventuelle générée par ce type d'étrave. Pas de virures sur cette carène. Les boudins hypalon sont montés sur une glissière complète, de plus plusieurs glissières intermédiaires sont présentes sur la partie haute des boudins afin d'optimiser la jonction coque boudins. Les boudins sont en 5 compartiments, tous équipés de valves de surpression. Leur diamètre est évolutif il est de 33cm à l'avant et 44cm à l'arrière.

La mise à l'eau ne posera pas de problèmes particuliers, malgré une cale assez étroite. Le bateau ne se lève pas beaucoup sur la remorque et a tendance à descendre assez à plat.

Le bateau est équipé d'une console assez haute, centrée, qui libère le passage des 2 côtés. Il manquait encore une main courante passager lors de l'essai, et l'instrumentation était des plus simple, juste deux tableaux électriques, les commandes moteur, l'écran Smartcraft et le contacteur.

Comme la coque, cette console, ainsi que tous les coffres, sièges et banquettes sont en aluminium, soudés sur le pont, lui-même recouvert d'une matière imitation Teck. La console est suffisamment haute, et protègera les 1m94 sans problème. Elle s'ouvre par une porte dans sa partie basse libérant un grand espace qui accueille la batterie, et d'un équipet au dessus, où était présent le coupe-circuit. Elle semble adaptée à la pose d'instrumentation, et il est possible d'y monter plusieurs écrans sans problème. A noter que sur ce bateau, la porte de console et la porte d'équipet (que j'ai vu et qui sont aussi en aluminium) n'étaient pas encore posées. Elle est tout de même un peu étroite pour 2 personnes côte à côte, mais la main courant à venir devrait aider le passager debout près du pilote  J Elle est équipé de feux de navigation à leds, de deux petits éclairages à leds pour éclairer le pont et les passavants, ainsi qu'un emplacement pour recevoir un mâtereau de feux blanc (mouillage ou navigation).

En arrière de la console on trouve un siège (plus qu'un bolster), il n'était pas encore équipé de sa sellerie lors de l'essai, et à la longue, le contact de l'arrière des cuisses avec l'aluminium devient gênant. Mais cela devrait être résolu par la pose de la sellerie qui « redescend » un peu sur l'avant du siège, offrant alors une surface de contact plus douce.

A l'avant du bateau on trouve 3 coffres, une baille de mouillage, et un taquet d'amarrage de bonne dimension. Les coffres (comme le reste des rangements) s'arrêtent au niveau du pont et ne « pénètrent » pas dans la coque, le volume est donc raisonnable, mais pas gigantesque. Tous les coffres sont équipés d'une fermeture permettant la mise en place de cadenas, lors de l'essai un antidérapant basique avait été collé (car la peinture brillante de l'Alugator peut s'avérer très glissante une fois mouillée) en attendant la pose de la sellerie. Le pont imitation Teck est assez joli, et efficace, même mouillé il ne glisse pas du tout. Sur le prototype il manque encore la fixation du pied de table qui permettra de faire un grand bain de soleil avant, et table de repas, comme ce que l'on peut trouver sur beaucoup de bateaux dédiés au farniente.

A l'arrière on trouve une banquette aluminium, qui libère un passage côté gauche vers les plages arrière vastes. Le passage peut être obturé par une plaque verticale (sécurité pour des enfants par exemple), et une assise vient se placer dessus, créant ainsi une banquette sur toute la largeur du bateau. A noter, la sellerie pas encore posée.

Deux supports pour une échelle de bain sont présents à gauche, et à droite on peut apercevoir en arrière de la banquette l'orifice de remplissage du réservoir.

L'arrière du bateau est donc entièrement ouvert, avec deux plages intégrées à la coque et se prolongeant en arrière du moteur (ce qui augmente la longueur de carène). A noter la présence de deux grosses anodes, qui génèrent quelques remontées d'eau le long de l'embase moteur.

Il est prévu une modification sur les bateaux de série afin de remédier à ce petit problème (soit un « colmatage) propre des jonctions des anodes, soit une sorte de flap sous les anodes).

La peinture noire brillante du prototype demande un rinçage après utilisation, car, comme sur toute peinture noire brillante, les traces de sel sont visibles une fois le bateau séché. A noter que différentes couleurs (de coque, de boudins et d'aménagements) sont proposées. Tout aménagement personnel peut être envisagé, l'insubmersibilité est prévue.

LES ESSAIS EN MER

A l'arrêt les boudins ne touchent pas l'eau, ils sont tout juste au dessus, il faudrait vérifier une fois le prototype complètement équipé, avec le plein de carburant et 5 ou 6 personnes à bord s'ils touchent l'eau ou pas.

Le déjaugeage est rapide, moins de 2 secondes, le bateau se cabre très peu et prends de suite son assiette de navigation. Il faut dire que le Verado 200cv derrière pousse fort, avec un volume sonore bluffant de discrétion. Les premiers miles dans la baie montrent un bateau sain, on a l'impression que le nez est un peu haut, mais c'est du en partie au fait que l'étrave soit déjà au dessus du niveau de l'eau à l'arrêt. Une fois sortie de la baie, les conditions de mer changent, 2m de houle, et un clapot très marqué d'environ 1m, vent de force 4. Premières impressions, le système « wave-piercer » procure un passage assez soft, le bateau ne cogne pas du tout sur le clapot. Lors des saut (nous avons sorti plusieurs fois le bateau complètement de l'eau), le bateau a une tendance à retomber légèrement sur le côté bâbord, ce n'est pas violent, mais c'est tout de même assez net, sûrement une question de couple d'hélice, le Verado étant monté avec une hélice inox Enertia. Mais en aucun cas cela ne provoque de gros déséquilibre. La stabilité longitudinale me semble demander un peu plus d'expérience, le bateau a tendance à marsouiner un peu si le réglage de trim n'est pas complètement optimisé. C'est un mouvement qui peut être assez marqué, et qui demande vraiment un réglage du trim au millimètre pour disparaître. Une fois réglé comme il faut, cette tendance au marsouinage diminue, jusqu'à disparaître, mais il faut vraiment être vigilant là-dessus. Ce n'est pas dangereux, mais naviguer comme cela longtemps pourrait devenir fatiguant.

La position debout permet un pilotage aisé, par contre le fait que la main courante n'ai pas encore été posée sur le prototype demande au passager des talents d'équilibriste  J Le manque de sellerie sur ce bateau fait que, rapidement cela devient inconfortable au niveau du contact entre les jambes et la banquette de pilotage. La sellerie devrait arranger les choses. Il ne faut pas considérer la banquette de pilotage comme un bolster, elle est trop basse pour cela, elle permet un appui des jambes quand on est debout mais c'est tout, donc pilotage debout à 100%, par contre elle est utilisable en navigation tranquille pour conduire en restant assis. Elle renferme un coffre fermant à clef, plutôt étroit mais suffisant pour y ranger pas mal d'affaires.

La banquette arrière est confortable, et les mains courant latérales permettent de se tenir correctement. Elle renferme un grand coffre où se trouvent les trappes d'accès à la pompe de cale et au réservoir (pour un nettoyage par exemple). Une fois de plus la taille des coffres est limitée par le niveau du pont. Le gainage des tubes de dosseret est prévu dans la sellerie à venir.

Suite à différentes remarques, j'ai voulu tester l'entrée d'eau par l'arrière en cas d'arrêt brutal. J'ai répété l'opération à 3 reprises, en coupant très brutalement (jusqu'à en déconnecter les commandes Smartcraft sur un des arrêts J ), j'ai même essayé par vent et mer arrière. Et bien il ne rentre quasiment rien, même pas l'équivalent d'un verre d'eau, j'ai été assez bluffé par ce point, le plan de pont créant deux belles plages arrières, je pensais vraiment qu'il embarquerait de l'eau, et bien non, c'est assez étonnant. Par contre à l'arrêt dans le mètre de creux et les 2m de houle, il est évident que les plages arrière ont tendance à se mouiller un peu. A noter la présence de vide vite au niveau de la banquette arrière, afin d'évacuer l'eau qui aurait pu être embarqué devant. Sur ces vides vite il y aura des clapets évitant tout mouvement d'eau de l'arrière vers l'avant (pas encore posés sur le prototype).

En navigation le bateau de mouille pas du tout malgré un diamètre faible des boudins à l'avant. J'ai tout de même réussi à me faire mouiller, à l'arrêt, assis sur la baille à mouillage, logique non ?

Dans ces conditions de mer et de vent, le bateau est capable de tenir entre 20 et 25 nœuds en restant très confortable, ensuite ça devient plus sportif, mais il passe tout de même jusqu'aux environs de 30 nœuds. Pas trop de bruit métallique lors des contacts avec les vagues, on n'entends pas trop de « clang clang » qui pourraient être du à la structure en aluminium. Et la navigation avec les vagues et la houle plein travers n'engendre pas d'instabilité particulière, malgré l'étrave très droite.

Quelque chose qui m'a surpris, c'est un certain manque de réactivité en virage uniquement une fois le bateau à vitesse importante. Nous avons croisés plusieurs paquets d'algues quand nous étions aux environs de 30 nœuds, il faut vraiment insister sur l'angle de volant pour faire tourner franchement le bateau, il a plutôt tendance à rester droit, sur des rails. Une fois habitué on doit anticiper, mais au début ça surprends un peu. En jouant sur la puissance il réagit mieux, en accélérant un peu en début de virage il se cale mieux dans la courbe. Par contre ce phénomène n'existe pas aux vitesses plus basses, là le bateau réagit plutôt bien, même si ce n'est pas un karting, il faut dire que la longueur à la flottaison importante pour un bateau de cette taille soit jouer. Le rayon de braquage est correct. Le bateau vire plutôt à plat, et se couche très peu, pas de blocages intempestifs lors des virages, une ou deux fois ce phénomène est apparu, mais uniquement sur des virages très serrés en sollicitant pas mal le bateau (vitesse plus marquée).

Le bateau n'est pas un foudre de guerre au niveau de la vitesse maximum, lors de cet essai nous avons atteint aux environs de 35 à 36 nœuds. Il faudrait maintenant des conditions optimales permettant des essais de vitesse de pointe, mais à priori le bateau devrait atteindre entre 40 et 45 nœuds maximum. Une fois de plus je vous rappelle que j'ai essayé le prototype, pas encore optimisé, et qui n'en était qu'à sa 5 ème sortie en mer.

Au final, on a affaire a un bateau sain, qui n'est pas un racer, mais qui procure un passage en mer doux, des sauts de vagues sécurisants, et un espace intérieur agréable du au faible diamètre des boudins. Le plan de pont dégagé, les grandes plages de bain arrière, le futur bain de soleil/table, en fond un bateau bien adapté aux sorties familiales à la journée. Le look étant ravageur, c'est un bateau qui attire vraiment l'œil. Il n'y a qu'à voir les réactions sur l'eau, à la cale ou sur la remorque, c'est sur l'Alugator ne passe pas inaperçu, on nous a même demandé si c'était « le bateau de James Bond »

Les points Négatifs :

•  Tendance au marsouinage qui demande un réglage impeccable du trim.

•  Peu réactif en virage à vitesse soutenue.

•  Coffres peu profonds.

Les points positifs :

•  Structures Aluminium.

•  Bateau très sain, confortable et qui ne mouille pas du tout.

•  Beaucoup de place à bord.

•  Finitions impeccables.

•  Adaptabilité du chantier pour la construction.

•  Look ravageur.

•  Insubmersibilité à venir.

Conclusion

C'est un bateau parfaitement adapté aux sorties à la journée, les finitions et la qualité des matériaux sont irréprochables, les performances en vitesse pure sont assez moyennes (mais est-ce bien là son programme ?). Le passage en mer est très doux et sécurisant, le réglage du bateau demande de l'attention afin d'optimiser les performances. La fabrication semi industrielle permet pas mal d'adaptations sur demandes des clients. Il reste à revoir le bateau dans quelques semaines, une fois que le prototype aura un peu évolué et que le domaine de navigation aura été plus dégrossi par l'équipe d'Alugator.

Merci à Yannick (Alugator) pour sa sympathie et la mise à disposition de ce bateau.

Tous renseignements sur le bateau à cette adresse : www.alugator.com


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