Incongruité pourrait-on dire, de quitter une Méditerranée aussi lisse que la surface d’un lac et d’effectuer 600km pour trouver un Léman aux eaux furieusement agitées.
Qu’importe ? En premier lieu, il se trouve peu de pneubonauts venus de la côte. De mémoire : Gus, Cyril (Tiben) et votre serviteur. Ensuite, ce rendez-vous devenu institutionnel garde toujours un parfum d’aventure qui ajoute à son attrait.
Première satisfaction, nous sommes attendus par un Koufig diligent et efficace, qui aide aux manœuvres et qui distribue les places de port à chacun. Dans la foulée celui-ci nous fait l’article du « mouton » gris frangé de bordeaux dont nous avons le loisir de constater qu’il a bien cinq pattes (traduction : Il est « asta », c’est clair ?)
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Arrive le plaisir des rencontres à mesure que celles-ci se présentent, Visages connus, d’autres moins, Des surprises aussi du genre « tiens il a l’air bien sympa le type avec qui je me suis engueulé sur le forum ». Voila qui aide à relativiser les excès de mauvaise humeur.
Dès lors que l’installation des bateaux dans le port de Sciez est bouclée il reste à se préoccuper de la récupération des clés des bungalows. S’ensuit la traversée de la petite ville direction le camping « la pinède ». Ineffable bonheur ! Nous sommes attendus par dame Colette et dame Roselyne qui nous remettent nos sésames.
Petit arrêt mérité sur une organisation sans faille. Quand tout paraît baigner dans la facilité, l’impression qui vient à l’esprit est que tout est simple quoiqu’il se passe. En fait, cette simplicité apparente nécessite un travail de préparation considérable aux organisateurs. C’est aussi le signe d’une entreprise bien rodée.
Chacun ayant pris possession de sa « maison » de vacances, installé ses affaires et fait un brin de toilette (pourquoi pas), s’en va, en ordre dispersé, au restaurant qui se trouve à quelques dizaines de mètres plus loin. Belle allure l’établissement qui donne dans le genre grand chalet tyrolien ! La réception est à la hauteur du cadre, chaleureuse à souhait.
Dans la salle une grande table en U attend les convives. La dame qui nous reçoit est dubitative sur la capacité de notre groupe à la remplir. Un quart d’heure plus tard le doute n’est plus de mise. La voici contrainte à nous trouver d’autres tables.
Le retour à « la pinède » est des plus rapides bien que très animé par une bise agressive qui soufflera une bonne partie de la nuit.
Au matin, une petite pensée reconnaissante est adressée aux dieux des éléments. La bise s’est tue pour laisser place…au grand calme qui fait merveille sur la surface du lac.
C’est un signe manifeste des augures : La journée sera « super » !
Les chevaux de nos moteurs n’en peuvent plus de « piaffer ». Dés que le dernier bateau pointe son davier sur la ligne de départ, c’est un coup de cravache magistrale qui les propulse droit devant à la conquête pacifique de la rive suisse. Celle-ci se situe à 13 km plus loin.
Nous passons à quelques encablures d’une superbe ville helvète du nom de Nyon, après quoi nous longeons la côte jusqu’à une plage désormais célèbre, celle de l’ambassade du Liban. C’est une plage de galets qui ne me dépayse pas trop puisqu’elle rappelle étrangement celles de Nice, à ceci près que derrière la dite plage se trouve un petit port fort obligeant, qui nous tend ses quais.
Grand moment de convivialité que le pique-nique. On s’offre un apéro, des spécialités culinaires, des desserts exquis, des cafés et des digestifs. C’est chouette la vie entre amis sur une plage de galets quelques part sur la rive Suisse du Léman, par un beau jour de printemps !!!
Genève semble attendre notre arrivée (Il me plait de le penser). Son jet d’eau présomptueux qui prétend féconder le ciel me laisse… admiratif…. Wolf éprouve le besoin de voir de plus prés le « geyser » et il se place non loin de la retombée des eaux. Bilan : Quelques douches gratos !
Une foule de baigneurs qui ne se baignent pas, lézarde à notre droite, sur les planches d’un club qui me rappelle fortement celui du « RUA » au port d’Alger… autre lieu, autre époque.
Un grand bateau blanc chargé de touristes, s’apprête à partir. Il le fait savoir par un coup de sirène tonitruant. Les roues à aubes s’actionnent lentement et le voici qui m’oblige à accélérer pour laisser le passage…Non mais !!!
A la sortie du port, sur la gauche, une pompe à essence, bienvenue avec son tarif relativement « modique », nous accorde ses services.
Après c’est le retour vers Sciez, non sans admirer de temps à autre une plage de rêve comme celle qui fait face à la petite sirène sur son rocher blanc. Une halte dans le port de la délicieuse petite ville d’Yvoire constitue un intermède de qualité.
Quelques uns d’entre nous, dont moi, ont la chance de tester le Focchi d’enfer de Koufig. Essai concluant !!! Mes yeux commencent à se déloger de leurs orbites… Brrrrr !!! J’aime bien la vitesse quand je maîtrise totalement l’engin. Là ce n’est pas vraiment le cas.
La soirée se déroule dans une cantine d’école louée à la municipalité et dont la facture est réglée par Nauticstore. Encore un grand moment d’échanges agrémentés d’un punch un soupçon traître, confectionné par Colette et Alain.
Ce cher David fait une apparition très appréciée avec son sourire si sympathique. Il a amené avec lui un cuisinier de sa région. Tous deux nous servent un repas à se lécher les doigts. La classe, quoi !
Demain fera-t-il aussi beau qu’aujourd’hui ?
Je veux, mon neveu ! Demain se transforme par la magie des mots en aujourd’hui. Et aujourd’hui c’est Dimanche. Le Léman et les environs sont éclaboussés de lumière. Nonobstant ce constat, force est de remarquer que quelques petits nuages perchés sur les montagnes tentent de nous faire croire qu’ils vont ramener des copains. Peine perdue ! N’ont qu’à venir ! On les attend !...
Rrrrraaaaffff !!!!.... Les bateaux jaillissent en gerbe, direction le grand Léman. Le grand Léman, c’est d’abord Morge, son quai accueillant et son « Union Nautique » qui l’est plus encore. Le président, monsieur Lémann (ça ne s’invente pas) nous reçoit chaleureusement. Bien entendu ce cher Pierre Alain mérite à ce sujet toute notre gratitude.
Apéritifs et « Tapas », très appréciés, oeuf corse ! Puis, Pique-nique sur la pelouse. Ou bien pour les gens corpulents dans mon genre, position confortable sur la terrasse du club.
Après cela, c’est un sprint infernal qui amène l’escadre dans les eaux calmes et presque tièdes de Lausanne. C’est l’arrêt « Gazoline » pour quelques boats. Le Zozo a soif. Devant moi « Toutou » qui vient de prendre possession de son Zar, manœuvre… Prudent, je reste un peu en retrait. Un suisse en profite pour me passer devant. Je pense « grand bien te fasse mon gars, tu t’exposes ! ».
Et ça repart de plus belle, exception faite du Zod dont le moulin doit avoir une saleté dans le carbu, sauf qu’il n’en a pas de carbu puisque c’est un « injection ». Il va moins vite et ne tient pas le ralenti. Aaaaahhhh !!!!….Raz la casquette !!!
Bonnant-Malant il poursuit son bonhomme de chemin. Il n’est même pas le dernier puisqu’il se trouve un « gros » Overboat derrière nous. Un coup d’œil pour voir qui c’est. Ouais ! Ben c’est Henri (F3D73) qui ferme la marche, nous escortant avec une courtoisie qui m’émeut.
Loin devant nous la ronde nautique est formée. Je crois que nous sommes attendus. Voila on y est !!! Allez, fouette les chevaux, cocher ! On fonce sur Montreux. Le lac se strie des flèches blanches que laissent nos bateaux derrière eux. Sillages tendus qui s’entrecroisent, créant une micro tempête Pour quelques minutes. Et puis, on se retrouve, dans les eaux qui bordent la cité.
C’est une ville radieuse, et son château de Chillon dont elle est fière, qui s’offrent à nos regards avides d’images nouvelles. La battisse médiévale semble dire que le temps est une dimension qu’elle ignore et ce dernier le lui rend bien si on s’en réfère à son état. Sa situation lacustre la désigne comme l’une des grandes attractions du lac.
Les bateaux s’approchent des murs épais, du pont et de la rive matérialisée par un petit mur. Les appareils numériques sont mobilisés séance tenante pour immortaliser l’instant.
Un peu au-delà, les confins du Léman mettent un terme à notre progression. Une promenade en petite vitesse nous mène d’une rive à l’autre. Et l’on découvre un Rhône qui s’échappe discrètement. Il est bien éloigné de son delta provençal, me dis-je. Je me souviendrai dorénavant que notre grand fleuve est constitué en grande partie d’eaux suisses.
Puis l’armada « Pneubotiene » remonte sous le couvert de la rive pas encore française (mais presque). A gauche une zone marécageuse couverte d’une végétation faite d’herbes jaunies et de joncs s’étend sur une longue distance.
Devenu plus large à mesure que nous remontons, le lac libère les rayons d’un soleil ardent qui nous salue en déversant une pluie d’or sur notre passage. C’est en glissant sur ces millions de paillettes scintillantes que nous retrouvons les eaux françaises.
Quelques parts devant Evian un « dur » à cabine, de taille relativement modeste, refuse de démarrer. C’est l’occasion de visiter le port. Un petit coup de remorquage et tout rentre dans l’ordre. Derrière la jetée c’est une ambiance sympa que nous rencontrons. Beaucoup de gens sont installés sur leurs bateaux, mais par bonheur leurs embarcations restent à quai.
Au moment où nous quittons les lieux nous remarquons deux Zars qui nous attendent. Décidemment ce diable d’Alain pense à tout. Il s’agit de Patrick sur le 75 et d’Eric avec son 61. Escorte flatteuse pour notre retour !
Entrer dans le port de Sciez un Dimanche soir n’est pas la chose la plus difficile, mais retrouver sa place sans qu’un « Bernard-l’hermite » ne l’occupe est plus improbable. Pat 33/69 en sait quelque chose.
On arrive au dernier temps fort du rassemblement : La traversée du Léman, le soir pour l’aller et de nuit pour le retour. Les participants à la soirée sont répartis dans les grandes unités. L’objet du déplacement : Un repas dans un chouette restaurant ouvert sur la rive suisse. Face à nous une invitée indésirable nous joue un coup de « revenez-y »…
Quand la bise fut venue elle ajouta la fraîcheur à nos inquiétudes (un peu de poésie ne nuit pas…).
Bon ! Tout ça pour dire que ça bouge, madame ! Et même à l’arrière du Zar 75 j’ai les fesses qui cognent dur sur le siège. L’étrave de l’embarcation frappe violement les vagues trop rapprochées. Finalement Pat trouve la vitesse adaptée aux circonstances. Ça va beaucoup mieux.
Débarquement sur le ponton du restau. Les sr sont attachés ensembles comme les barreaux d’une échelle de corde (et de bois). La formule fonctionne toujours avec succès (je parle de l’amarrage).
Le dîner se déroule dans un cadre idyllique et l’ambiance est des plus conviviale. Deux bémols à cela : La « Napolitaine » est arrivée bien tard pour notre ami Gustave et…ça caille bigrement si l’on oublie de se couvrir (c’est mon cas !).
Le retour est résolument nocturne. Le bruit de la houle se mêle à celui des moteurs. Les lumières des autres bateaux nous aident à nous situer. Seulement comme tout le monde pense de même on pourrait tous se perdre ensemble…Heureusement qu’Eric, très proche du 75 s’oriente avec l’aide de son GPS. Et… nul ne s’égard dans ce tumulte d’eau qui déferle sous l’impulsion de cette bise rageuse. La rentrée au port s’effectue avec la même aisance que pour garer sa voiture sur un parking de « Carrouf ».
Nos corps éprouvés vont apprécier la position allongée ainsi que le sommeil réparateur qui ne tardera pas à se manifester.
C’est Lundi !. La fin pour nous d’un séjour de rêve, celui d’un « rassemblement Léman » qui attire chaque année plus d’amateurs.
Pour les bordelais ça va se poursuivre encore quelques jours. Pour d’autres, quelques heures à profiter. La journée est orientée sur la navigation libre. C’est le programme de ce Lundi. .
Ah ! l’enthousiasme des arrivées, nourri du désir de découvertes et d’aventures. Voila qu’il laisse place à la nostalgie. Il faut s’arracher aux lieux qu’on s’est pris à aimer et aux amis avec qui on a partagé de si agréables moments.
Il reste à rendre justice à Colette et Alain en signalant que ces deux là se sont offert désormais un label d’excellence compte tenu du niveau incontestable d’une organisation menée sans faille ni approximation.
Pneuboat loin d’être le grand oublié de la manifestation était omniprésent par son logo qui flottait au vent sur les bannières fixées aux bateaux. Le plus remarquable par la taille était le fanion d’Alain visible de très loin. Enorme lune qui semblait dire : Ralliez vous à mon panache bleu. Message visuel bien utile.
En rédigeant ce récit j’ai eu la formidable impression de revivre les instants magiques auxquels ma mémoire s’accroche. Ce qui signifie en quelques sortes que de l’avoir rédigé pour vous, fut un réel plaisir.
Il reste à adresser un grand remerciement à toutes les personnes qui ont apporté leur concours à la réussite de cette manifestation, participants compris, et à Pneuboat pour la place qu’il accorde à ce texte.
Alain Perez (Burtiflup)


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Photos et reportage
Henri D. (f3d73) |